Exemple 3 : interprétation

Il est très important, lors de la publication des résultats d’un sondage, pour le journaliste, de les interpréter. Ainsi,  nous prendrons l’exemple de l’espérance de vie à 60 ans par sexe et catégorie socioprofessionnelle en 2000-2008 publiée par l’INSEE.

 

1976-1984

2000-2008

1976-1984

2000-2008

Homme

Femme

Cadres

19.2

24.0

24.1

27.8

Professions intermédiaires

18.3

22.3

23.1

27.4

Agriculteurs

18.3

22.3

22.2

26.2

Artisans, commerçants, chefs d’entreprise

18.6

22.2

22.7

27.1

Employés

17.0

21.0

22.6

26.4

Ouvriers

15.9

19.6

21.6

25.5

Inactifs non retraités

12.3

16.0

21.8

25.2

Ensemble

17.1

21.1

22.2

26.1

Source : Insee, Échantillon démographique permanent


Si un journaliste choisit de publier les résultats de cette enquête statistique, il ne pourra pas ne faire que ça. En effet, ces résultats bruts ne prouvent et n’expliquent rien : il convient de les interpréter. Et c’est là que les choses se compliquent. En effet quel élément peut expliquer que l’espérance de vie à 60 ans soit différente entre catégories professionnelles ? Est-ce c’est parce que les cadres ont moins d’accidents, de maladies ou d’expositions professionnels que les ouvriers ? Ou est-ce parce que l’état de santé peut lui-même influer sur l’appartenance à une catégorie sociale : une santé défaillante peut empêcher la poursuite d’études, le maintien en emploi, ou rendre plus difficile les promotions et l’accès aux emplois les plus qualifiés en cours de carrière ? Y est-il la cause de x ou est-ce l’inverse ?

C’est lorsqu’on arrive à ces considérations que l’on se rend compte des limites des sondages et des enquêtes statistiques : ceux-ci fournissent une information mais ne peuvent être l’unique objet d’un article ou d’un commentaire ; ils doivent être un des éléments d’analyse de l’article parmi d’autres.

 

Le dernier niveau d’influence des sondages se situe donc bel et bien au moment du traitement par les médias : ceux-ci peuvent, par une mauvaise interprétation, par omission de paramètres, par des raccourcis, tromper, intentionnellement ou non, leurs auditeurs ou lecteurs. Il incombe donc aux journalistes d’analyser et d’interpréter plus loin que les simples résultats de l’enquête.

 

L’influence des sondages est, nous l’avons vu, multiple : lors du redressement ou du filtrage si l’un des deux est mal réalisé, le sondage est faussé et peut induire en erreur les personnes qui l’ont commandé ; lors de leur publication, que l’impact soit direct ou indirect ; ou lors de leur traitement par les médias qui peuvent induire en erreur leurs lecteurs en utilisant mal les résultats de l’enquête.

Le redressement et le filtrage étant généralement bien réalisés par les instituts de sondage, le risque pour un lecteur d’être influencé réside donc principalement dans l’interprétation des journalistes et dans l’utilisation qui en est faite par les dirigeants et leaders d’opinion. Il convient donc de garder une distance critique avec les résultats et de toujours jeter un œil à la méthode de réalisation des sondages.

 

Suite : III Comment les encadrer ?

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