Le redressement

Les raisons

 

Il existe deux types de redressement répondant chacun à deux problèmes distincts : le redressement dit « sociodémographique » et le redressement politique.

Le redressement sociodémographique a pour but de faire respecter la méthode des quotas. En effet, lorsqu’un institut de sondage réalise une enquête selon la méthode des quotas, il se fixe un objectif chiffré pour chaque catégorie de la population : par exemple, cinq hommes et quatre femmes retraités entre 40 et 54 ans habitant dans une commune rurale du Sud-Est… Si cet objectif n’est pas atteint, le sondeur va devoir procéder à un redressement afin de corriger ce manquement.

Le redressement politique consiste, lui, à essayer de corriger les mensonges des sondés. En effet, beaucoup de personnes interrogées n’osent pas dire qu’elles voteront pour un parti d’extrême-droite ou d’extrême-gauche ou au contraire ont plus facilement tendance à dire qu’elles voteront pour un parti modéré. C’est pour corriger cet effet pervers qu’a été mis en place le redressement politique.

 

Le principe

 

Le principe du redressement sociodémographique est d’affecter un poids plus important à une catégorie de population qui aurait été sous-représentée dans l’échantillon ou au contraire d’en affecter un plus faible à une population surreprésentée. Ainsi, si l’on observe dans son échantillon un pourcentage d’ouvriers inférieur à l’objectif attendu, on peut choisir de multiplier le poids de chaque ouvrier d’un coefficient tel que l’ensemble des ouvriers, après cette opération se trouve égal à la valeur attendue. Inversement il sera nécessaire de « dépondérer » telle autre catégorie qui a été surreprésentée.

Le principe du redressement politique, lui, est de demander aux personnes interrogées quel a été leur vote à la dernière élection nationale ou à une élection intermédiaire comme les régionales. Les résultats de ces élections étant connues, il est ensuite facile de calculer le rapport entre les deux résultats. Ainsi, si un parti politique a obtenu 20% des suffrages à l’élection présidentielle de 2007 mais que seules 10% des personnes interrogées admettent avoir voté pour le candidat du parti à cette élection, on estime que le vote pour ce parti est sous-estimé de moitié. Les intentions de vote pour le parti dans le sondage seront donc multipliées par deux afin d’essayer de rendre le sondage le plus juste possible.

 

La fiabilité

 

Ce procédé étant utilisé par l’ensemble des instituts de sondage français, on pourrait raisonnablement penser que la méthode peut être considérée comme fiable. Cependant, des critiques subsistent sur cette méthode.

Ainsi, le souvenir politique n’est ni plus ni moins fragile que tout autre souvenir. Les résultats du redressement peuvent donc être faussés pour des erreurs de mémoire. Il se peut aussi que les élections antérieures ne fournissent pas des bases de comparaison réellement efficaces parce que les forces politiques ne sont pas identiques entre l’élection précédente et l’élection que l’on cherche à prévoir. Dans ce cas, il devient difficile de replacer les forces politiques à leur juste place.

De surcroit, pour le redressement sociodémographique, la pondération repose sur l’hypothèse que les individus dont le poids est ainsi artificiellement gonflé « représentent » la catégorie politique ou sociale à laquelle ils appartiennent. Cette hypothèse est discutable.

Enfin, chaque institut possédant sa propre méthode de filtrage, les techniques peuvent varier de manière importante entre les instituts, ce qui peut mettre en doute la fiabilité de la technique.

 

Suite : le filtrage

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