Quelques règles...

Un manque de neutralité dans le contexte médiatique peut, par exemple, totalement fausser un sondage. En effet, demander aux sondés s’ils sont pour ou contre le nucléaire en pleine période de crise nucléaire n’a aucun sens. L’influence des médias est extrêmement forte et manipule considérablement l’opinion des sondés.

Une bonne formulation des questions est également primordiale pour l’exactitude des sondages réalisés. En effet, de nombreux sondages sont biaisés de par la formulation des questions qui sont posées aux sondés.  Par exemple, le fait de faire un constat, avant de poser la question à la personne concernée, peut influencer cette dernière: « Il n'y a eu, au cours des dix dernières années, aucun accident mortel dû aux centrales nucléaires.  Dans ces conditions, êtes-vous pour ou contre le nucléaire ? ». La majorité des réponses seront positives. Au contraire, si la question se présente de cette façon : « Bien que le problème des déchets nucléaires soit loin d'être réglé, êtes-vous pour ou contre le nucléaire? », la majorité des réponses seront négatives.

De plus, la façon de présenter les questions et le point de vue d’où l’on se place pour poser la question,  peut influencer grandement les sondés. Par exemple, une étude démontre que tel traitement réussi dans 80% des cas. Si l’on interroge plusieurs personnes pour savoir si elles sont favorables à l’utilisation de ce traitement, la plupart d’entres elles diraient oui. A l’inverse, si on présente l’étude d’un autre point de vue, en disant que ce même traitement a un risque d’échec de 20%, la plupart des personnes interrogées ne prôneraient pas son utilisation.

Autre exemple : des sondeurs ont demandé à 1 000 Français (majeurs) combien ils ont d'enfants : la moyenne est de 2. Ils ont demandé aussi aux enfants de ces 1 000 personnes combien d'enfants ils sont dans leur famille. La moyenne des réponses est...3! Alors, s’agit-il d’une erreur de calcul, ou quelqu'un a-t-il menti ? Bien sûr que non ! Les enfants des familles nombreuses sont plus nombreux! Illustrons sur un exemple. On interroge deux parents : le premier a 1 enfant, le deuxième a 3 enfants, donc la moyenne pour les parents est de (1+3)/2=2! Maintenant, on interroge leurs enfants, ils sont 4. Un est enfant unique, les trois autres sont trois dans leur foyer, la moyenne pour les enfants est donc : (1+3+3+3)/4=2,5.

 

Il convient donc, à chaque fois que nous prenons connaissances de résultats de sondages de se demander de quel point de vue l’on se place.

Il se peut également que les sondés n’aient aucune échappatoire  dans les réponses qui leur sont proposées, c'est-à-dire qu’ils soient obligés de choisir une proposition qu’ils n’auraient pas choisie en temps normal. Par exemple, on demande à une personne végétarienne (sans pour autant que celui qui pose la question le sache) ce qu’elle préfère manger entre du thon, du bœuf et du porc ! Etant végétarienne cette personne va forcément répondre « du thon » même si elle n’aime pas du tout ce poisson. Les résultats du sondage sont alors biaisés.

De surcroit, si on interroge une personne sur un sujet qu’elle ne maîtrise pas : « êtes-vous favorable à la loi X ? »,  la personne risque, soit de répondre au hasard, soit, si elle a entendu un proche vaguement critiquer cette loi, être influencée par ce dernier et répondre « non ». Dans tous les cas, la réponse du sondé n’est valable que s’il connaît réellement le sujet sur lequel il est interrogé.

 

Suite : le "sondage idéal"

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