La méthode aléatoire

La méthode aléatoire est tès peu utilisée par les instituts de sondages en France. Cette méthode consiste à choisir des individus de telle sorte que chaque membre de la population ait une chance égale de figurer dans l’échantillon. Ce choix peut se faire avec remise ou sans remise : avec remise, l’individu peut être choisi plusieurs fois ; sans remise, l’individu ne peut être choisi qu’une seule fois (c’est le cas habituel). Cette technique nécessite que la personne tirée au sort réponde au questionnaire, ce qui exige de la recontacter jusqu'à ce que celle-ci soit jointe et réponde au questionnaire. Si elle exprime un refus pour répondre au questionnaire, elle est remplacée par une autre personne, elle-aussi choisie au hasard.

A l’aide de cette méthode, on peut espérer obtenir un échantillon «représentatif »  de la population mère puisqu’elle donne à chaque individu une chance égale de faire partie de l’échantillon. Ainsi, les personnes difficilement joignables ont plus de chances de figurer dans l’échantillon qu’avec la méthode des quotas (répétition des appels jusqu’à ce que les individus concernés répondent au téléphone lors d’une enquête téléphonique).  Toutefois, cette technique est peu utilisée car elle exige que les personnes tirées au sort répondent, ce qui peut nécessiter de nombreuses relances et prendre un temps considérable pour réaliser l’enquête. Dans un pays comme la France, de plus de soixante millions d’habitants, il faudrait :

  • Associer un numéro allant de un à soixante millions à chacun des habitants du pays
  • Tirer mille numéros au hasard à l’aide d’un logiciel (comme la fonction « aléa » sur Excel)
  • Retrouver ces mille personnes pour les interroger .

Cette méthode est très onéreuse et n’est applicable que lorsqu’il existe une liste exhaustive de toute la population mère, ce qui est irréalisable à grande échelle, mais toutefois envisageable sur de petites populations cernées. C’est pour cette raison que les sondages politiques réalisés lors des élections présidentielles se font par la méthode des quotas. En effet, réaliser un véritable sondage aléatoire lors d’une campagne électorale (où le facteur temps est décisif) n’est pas facile. Du reste, les méthodes aléatoires sont longues et coûteuses. Au téléphone, une fois sélectionnée par tirage au sort, à l’intérieur du foyer, la personne à interroger, il faut réussir à la joindre en rappelant autant de fois que nécessaire. Outre le prix de ces contacts, on considère habituellement qu’une procédure de rappel peut étirer le temps de réalisation du terrain d’enquête à quatre ou cinq jours, durée problématique dans les derniers jours de la campagne électorale.

En revanche, pour des sondages réalisés en entreprises (ou groupe d’individus réduit), la méthode aléatoire est souvent préférée car elle permet de calculer la précision des résultats obtenus. Comme le cite l’institut opinion net : « Dans la plupart des études, nous préconisons la méthode aléatoire car elle permet de calculer scientifiquement la précision des résultats mais aussi d'interroger des personnes difficiles à joindre, ce qui assure leur représentation au sein de l'échantillon. Par exemple, dans les études auprès du personnel, cela permet notamment de joindre des salariés travaillant en horaires décalés ; or il est probable que leurs horaires de travail impactent leur perception de leur exercice professionnel ». Elle est également utilisée lorsqu'on ne peut connaitre la structure (la composition) de la population mère : par exemple pour des "études de passage" (cf interview de Mme Gomant).

 

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